Il y a encore huit ans, les Offices de Tourisme et leurs collaborateurs pouvaient vivre tranquillement dans un univers stable et sécurisant.

Bien sûr, quelques Cassandre pouvaient pointer que tout n’était pas si rose, que des nuages s’accumulaient au loin… Bien sûr, quelques précurseurs se préoccupaient déjà du monde d’après…

Mais qui aurait pu prévoir qu’en si peu de temps ces structures devraient subir un tel déchaînement des éléments ?

2016-10-04_07h50_45

Révolution numérique, impact des contraintes financières des collectivités qui les financent et aujourd’hui loi NOTRe… obligent tout à la fois à une redéfinition des missions, à une évolution des processus et des pratiques professionnelles et à une refondation juridique et institutionnelle à travers des fusions, des mutualisations, des mises en réseaux…

Autant de questions qui placent les organismes de tourisme dans la contradiction d’agir dans le court terme sur des sujets qui impliquent le moyen et le long terme…

Avis de tempête !

(Les mutations du travail 2)

Lors de la révolution industrielle, Henry FORD se demandait pourquoi chaque fois qu’il demandait une paire de bras, il y avait un cerveau qui venait avec (« Why is it every time I ask for a pair of hands, they come with a brain attached ? ») !

temps-modernes-19-g
Les temps modernes – Charlie Chaplin – 1936

 

Au cours de son histoire, le management ne s’est pas construit sur la confiance  au sein des  grandes entreprises (Voir l’article : « Manager par la confiance ? ») : division, standardisation,  »procéduralisation » du travail ont réduit l’autonomie des acteurs, parfois jusqu’à en faire des quasi-automates…

Alors, le management, système de domination ?

Claude Onesta
Qui connaît « l’académie des coachs », un think tank du sport dont les piliers – les sélectionneurs Claude Onesta (handball), Vincent Collet (basket), l’entraîneur en chef de la natation française Romain Barnier, le maître d’escrime Daniel Levavasseur… – compilent une bonne vingtaine de médailles olympiques et au moins autant de titres mondiaux ou européens. 
2000px-US-FBI-ShadedSeal_svg« Les agents sur le terrain et leur manageur de proximité seraient mieux à même de mettre en place des solutions rapides et efficaces (…) pour prévenir des (…) risques. Bien que le personnel du siège ait (…) été d’une aide incommensurable (…), j’ai beaucoup de mal à penser à des cas résolus par eux et je peux en nommer plusieurs qu’ils ont foirés” ! La prise de décision est  intrinsèquement plus efficace et plus rapide quand elle est décentralisée plutôt que concentrée. »

On pourrait croire cette citation issue d’un cadre de (presque) n’importe quelle grande entreprise… mais auriez-vous spontanément pensé au FBI ?

2016-06-22_15h31_34L’émergence du management est généralement associée à la révolution industrielle et au développement de l’industrie… mais saviez-vous que l’on employait avant cela le mot management dans l’agriculture, le soin médical de la mère ou du nourrisson, l’administration d’un foyer (dans laquelle le manageur est une ménagère !) ou la direction d’une école ?

Dans  »Le maniement des hommes, essai sur la rationalité managériale » Thibault LE TEXIER nous montre comment les ingénieurs de la révolution industrielle appliquant les principes du management à l’industrie et aux hommes l’ont progressivement transformé dans sa nature, pour aboutir au management que nous connaissons aujourd’hui.

Quelques idées à retenir…

« Les recruteurs pensent également qu’en prédéfinissant précisément les compétences requises puis en additionnant les procédures, les tests, les entretiens ils vont mettre à distance leur subjectivité et favoriser l’équité entre candidats. Mais c’est un leurre. »

« Il s’agit toujours de la même vieille lune qui consiste à croire qu’on pourrait cerner des compétences substantielles, mesurables, stables. Or ces croyances sont mises à mal par l’ergonomie, les sciences du travail, les sciences cognitives. On sait désormais que les compétences sont avant tout «Situées», c’est-à-dire collectives, distribuées entre les individus et leur environnement, et évolutives. Il n’est pas possible de prédire la réussite professionnelle dans ces conditions, et a fortiori dans une situation de recrutement où les compétences sont appréhendées hors contexte. »

 » Un recrutement est toujours une opération incertaine, pleine d’aléas. Sur le plan scientifique, il n’est pas possible d’affirmer que la personne que vous avez retenue est meilleure que celles que vous avez éliminées. »

Extrait de l’article d’Emmanuelle Marchal :  » il n’est pas possible de prédire la réussite d’un recrutement » dans Liaisons Sociales Magazine n° 172 de mai 2016.